Interventions dans l’hémicycle et mes questions à Olivier Véran

lors du débat sur l’évaluation de l’impact des mesures prises dans le cadre de la crise sanitaire sur la santé et l’espérance de vie des Français.

J’ai invité Monsieur le Ministre à prendre l’attache de l’Association Tenir ta main, j’ai rappelé que, lors de la crise sanitaire, nos aînés sont morts parfois seuls, sans accompagnement ni soutien, par la seule volonté de les « protéger ». Comment le gouvernement rendra-t-il compte des conséquences de ces décisions ?
 
Pour les empêcher de mourir, on les a empêchés de vivre, empêcher de vivre c’est tuer ! Beaucoup de nos ainés sont morts de solitude, tristesse, désespoir, sans le regard aimant de leur proche !

Seconde intervention, et pas de réponse d’Olivier Véran qui ne donne toujours pas de chiffres


Extrait :

« Selon les chiffres de l’INSEE, la pandémie de Covid-19 a réduit l’espérance de vie des français à 85,2 ans pour les femmes, en baisse de quasiment cinq mois, et 79,2 ans pour les hommes, en baisse de six mois.

Mais ce chiffre est très généraliste, et il est indispensable de l’analyser plus en profondeur. Tous les Français n’ont pas tous perdu cinq à six mois d’espérance de vie. En revanche, la crise du Covid-19 a causé une surmortalité chez les personnes âgées ; et c’est cette surmortalité qui a fait baisser mathématiquement l’espérance de vie.

La question des personnes âgées est évidemment le point clé de notre débat sur l’évaluation de l’impact des mesures sanitaire sur la santé et l’espérance de vie des Français.

A cet égard, plusieurs dysfonctionnements sont à relever, notamment de nombreuses confusions sur les causes véritables de décès. Ainsi des morts ont été comptabilisés à tort parmi ceux du coronavirus alors qu’elles n’y étaient absolument pas liées. Cela s’expliquant entre autres par un dysfonctionnement du système d’information de dépistage de Santé Publique France.

En outre, la gestion de la crise sanitaire dans les EHPAD a été fortement critiquée, y compris de nombreuses fois au sein de cet hémicycle par de nombreux collègues.

De nombreux résidents en EHPAD ont été condamnés par le confinement. Et je crois qu’il n’est pas exagéré de dire que certains en sont véritablement morts. Je me permets d’insister sur ce point par respect et par justice pour ceux qui ont vécu ces situations parfois véritablement inhumaines.

Protégées du coronavirus mais livrées à la solitude, beaucoup de personnes âgées ont vécu de véritables dépressions. Certains refusant même de s’alimenter, finissant par mourir de solitude et de tristesse, coupés des leurs et sans adieu.

Comment pouvez-vous expliquer que des centaines de personnes n’aient même pas pu voir une dernière fois leurs proches ? Pourquoi n’ont-elles pas pu se tenir une dernière fois la main ? Comment pourriez-vous justifier auprès des familles qu’elles n’aient pas pu vivre ce dernier au-revoir ?

Ces situations sont les conséquences directes des directives gouvernementales. Ces directives ont été d’avantage établies pour protéger la responsabilité pénale des ministres et non pour protéger les plus âgés.

Ils ont été enfermés durant de longs mois, coupés de leurs proches, sans moyen de voir leur visage ni leur sourire. En voulant les prévenir de la mort brutale due au coronavirus, ils ont été conduits vers une mort sociale, une mort lente et pénible, dans l’abandon et la solitude.

En voulant les empêcher de mourir, on les a empêchés de vivre, et ils en sont morts.

Heureusement, la vaccination est venue offrir une porte de sortie, tardive mais bienvenue. Selon le site CovidTracker, au 12 juin, plus de 83% des personnes âgées de plus de 65 ans ont reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19. Toutefois, si les données laissent transparaître une couverture vaccinale élevée chez les patients les plus âgés, elle peine à progresser davantage dans cette catégorie de la population.

Ainsi, entre le 10 avril et le 10 mai, le taux de vaccination des 75-79 ans est passé de 69% à 82%, soit une augmentation de 13%, alors qu’entre le 10 mai et le 10 juin, le taux de vaccination a augmenté de seulement 6%, pour atteindre 88%.

Nous risquons donc d’atteindre une forme de plafond de verre en la matière. Et c’est une des questions que nous aurons à nous poser ce soir : comment convaincre les dernières personnes à vacciner ?

Enfin, je terminerais en évoquant la question des opérations déprogrammées et des détections tardives de maladies. Là encore, le coronavirus est venu bouleverser un système de santé déjà fragile, et opérations ou dépistages qui n’ont pas pu avoir lieu, ou qui ont été repoussés, comptent eux-aussi leurs morts, conséquences indirectes du coronavirus, et dont le nombre est difficilement chiffrable. »