Revalorisation salaire des enseignants

Pourquoi la loi de programmation annuelle est-elle abandonnée ?

La réponse du ministre : « c’était une option possible, non retenue, qui aurait engagé les futurs gouvernements. Ils auront la possibilité de la mener ou pas ».

J’ai interrogé ce matin le ministre de l’éducation nationale, Jean Michel Blanquer au sujet de la revalorisation salariale des enseignants. Il faudrait 700 millions tous les ans pendant 10 ans pour compenser le retard !  Lire ci-dessous mon intervention complète.

Mon intervention :

« A ce point d’étape sur le budget alloué à l’enseignement scolaire, j’aimerais revenir sur les conclusions du Grenelle de l’Éducation et sur vos annonces d’allocation d’une enveloppe de 700 millions d’euros notamment pour revaloriser le salaire des enseignants.

Nous tenons à saluer cette mesure tant attendue par le corps enseignant, d’autant qu’il s’agit d’une belle marque de reconnaissance après le rôle qu’ils ont joué lors la crise.

Cependant, il est à regretter que les salaires des enseignants français soient toujours inférieurs de 7% en début de carrière à la moyenne des pays de l’OCDE. Cela est inquiétant car il en dit long sur la place occupée par notre corps professoral dans la hiérarchie sociale de notre pays.

Pour compenser ce retard, il faudrait pratiquement annoncer une telle enveloppe de 700 millions tous les ans pendant 10ans, d’où l’intérêt de la loi de programmation pour ne pas faire dépendre cela des aléas politiques.

Mais voilà, l’idée d’un projet de loi de programmation pluriannuelle a été abandonnée : cela constitue un mauvais signal pour la profession et l’idée d’une évolution de la rémunération garantie sur dix ans a été mise aux oubliettes. Désormais, le risque est de laisser la revalorisation salariale au bon vouloir du moment, au lieu de la sanctuariser et de la sécuriser pour les années à venir. Cela ne peut que décourager les jeunes qui souhaitent embrasser la carrière de professeur.

Aussi, Monsieur le Ministre, comment envisagez-vous de compenser cet abandon, tant sur le volet de la revalorisation salariale que de l’attractivité de la profession, et quel calendrier comptez-vous poursuivre afin de ne pas décevoir les espoirs suscités par vos annonces.

Je vous remercie ! »